Quand j’ai lu cet échange dans le premier chapitre du Maître des illusions, je me suis dit : mais n’importe quoi, il y a tout plein de romans extrêmement beaux qui n’impliquent pas la mort.
Mon premier contre-exemple était la fin du tome 1 de Hunger Games.
Attention, spoilers ! Mais si, en 2026, je dois faire cet avertissement, sache que je te juge, toi qui ne connais pas encore cette intrigue.
Donc, à la fin, Katniss et Peeta défient les organisateurs des jeux, qui leur demandent de s’entretuer. Au lieu de cela, ils tentent le tout pour le tout, se mettent face caméra, prêts à manger des baies empoisonnées plutôt que de commettre un énième meurtre. Le message est clair : on vit ensemble ou on meurt ensemble.
En lisant Hunger Games, et surtout cette fin, j’étais à deux doigts de chanter Bella Ciao. Le pouvoir au peuple ! Coupons la tête du roi ! Bref, ce premier tome était pour moi une petite beauté. Mais je vais faire preuve d’honnêteté : Katniss a échappé à la mort, certes, mais ce roman suinte la mort. Très mauvais contre-exemple, Deborah.
Aucun autre roman ne me venait en tête.
Excepté, peut-être, Betty de Tiffany McDaniel. Trois ans après l’avoir lu, je garde en tête un père qui souhaite adoucir le quotidien de ses enfants avec des histoires loufoques. Je vous accorde que leur vie est assez tragique. Cependant, l’espoir me semble plus impactant que les drames.
Alors quid de ce roman sans sacrifice, sans drame et sans trahison ? Il doit exister, mais il n’est pas dans ma bibliothèque.
Mes cinq derniers 5 étoiles sont :
Vieux, râleur et suicidaire de Fredrik Backman
Dans son silence d’Alex Michaelides
La fille de l’ogre de Catherine Bardon
La dernière allumette de Marie Vareille
Le lotissement de Claire Vesin
À l’exception de Vieux, râleur et suicidaire, mais bon, rien qu’avec le titre, on sent qu’au début le personnage principal n’est pas au top de sa forme, tous les personnages ont un destin tragique.
Une femme qui a perdu l’usage de la parole après le meurtre de son mari, le destin torturé de la fille d’un dictateur, l’anniversaire de la disparition d’une amie d’enfance présumée morte et une année scolaire sous tension qui aboutit à un drame.
En résumé, rien de joyeux. Mon cerveau voit de la beauté dans des personnages qui renaissent de leurs cendres, dans des personnages qui osent se sacrifier pour le bien commun ou lorsque l’entraide ou la rédemption naît du sang d’autrui.
Ce n’est pas que j’ai un attrait pour le morbide ; loin de là. Je pense qu’une part, au fond de moi, se dit qu’un être qui souffre ou a souffert a quelque chose à me raconter ou une leçon à m’apprendre sur la vie. Il est passé par tellement de choses que je ne peux que relativiser. Ça en dit peut-être long sur ce que je pense de l’humanité…
Mais dis-moi :
Est-ce que la beauté est synonyme de mort ?
Que trouves-tu de beau dans une histoire ?
Quel roman trouves-tu beau ?
As-tu des recommandations pour égayer mes prochaines lectures ?
PS : Après plusieurs jours de recherche, Monsieur DailyD a pensé au Berger de l’Avent de Gunnar Gunnarsson. Un court roman contemplatif au cours duquel un vieux berger se remémore sa vie solitaire entouré de ses bêtes. Je ne te spoilerai pas la conclusion de son introspection, mais monsieur dit que cela vaut le coup de le découvrir pour réfléchir à sa propre vie sans déprimer dans la minute qui suit.
À bientôt 🐧
Deborah
Daily debby lit des livres, c’est ton shot de recommandations littéraires pour parler bouquins et corner tes pages.
C’est aussi le QG de D spoils club, un club de lecture en ligne où tu participes, commentes, recommandes des livres. Bref, tu fais vivre le club (sinon, ça s’appelle juste une newsletter, et c’est moins drôle).



