L'art de ne pas aimer un classique
Au programme de ce rendez-vous :
📖 Parlons une dernière fois de Sula de T.Morrison
📚 Les reco des Spoilers
🗓️ Le thème de la prochaine lecture commune
L’art de ne pas aimer un classique
Le constat est sans appel : je ne sais pas apprécier les romans de Toni Morrison.
Il y a 5 ou 6 ans, j’ai lu L’œil le plus bleu. J’en suis ressortie fatiguée, avec la sensation d’avoir dû lutter pour aller au bout.
Alors en 2026, je me suis dit que j’avais grandi et affiné ma manière de lire. J’ai commencé Sula sans attentes particulières, et ultra optimiste.
Mais rien ne s’est passé comme prévu.
Sur le papier, tout est là : la pauvreté, la violence qu’elle engendre, les relations familiales complexes, le poids du regard des autres. Ce sont des thèmes forts, donc comment assumer qu’on est resté de marbre face à des sujets aussi importants ?
Mais ce qui m’a vraiment interrogée, c’est la place de Sula et de Nel.
La 4e de couverture m’avait promis une amitié fusionnelle entre Sula et Nel. Pourtant, au fil des pages, j’ai eu l’impression de les perdre dans la multiplicité des voix, des histoires, des drames.
Est-ce que tu as ressenti ça aussi, ou au contraire, leur relation t’a semblé au cœur du récit ?
Et puis, il y a les femmes du roman, qui sont censées être fortes, indépendantes et totalement incomprises.
Je vais être honnête, je les ai surtout trouvées antipathiques, indifférentes à la douleur qu’elles pouvaient provoquer autour d’elles.
Mais a-t-on forcément besoin de blesser ses proches pour s’émanciper ? Ou est-ce que je passe à côté de quelque chose dans leur manière d’exister ?
La réflexion finale de Nel m’a aussi donné le sentiment d’un cycle qui se répète. Il y a des personnages qui subissent et qui reproduisent, et il n’est pas possible de sortir de cette mécanique, même si, comme Sula, on essaie de s’en échapper en quittant le foyer.
Est-ce que tu as lu la fin comme une fatalité ou plutôt comme une forme de lucidité sur l’environnement dans lequel elles évoluent ?
Discuter avec les Spoilers m’a tout de même rassurée. Je ne suis pas la seule à m’être sentie perdue à certains moments.
Selon toi, est-ce que Sula est un roman qui demande d’être relu pour être pleinement saisi, ou faut-il accepter que la sensation de flottement fasse partie de l’expérience de lecture ?
As-tu lu d’autres auteurs ou autrices qui t’ont donné l’impression de ne pas savoir lire ?
PS : As-tu lu Beloved de Toni Morrison ?
Il est dans ma PAL et, avant de me lancer, j’aimerais savoir à quelle sauce je vais être mangée. Est-ce tout aussi abstrait que Sula ? Suit-on un personnage ou, de nouveau, une communauté ? Bref, qu’en as-tu pensé ?
Les reco des Spoilers
J’ai noté quelques recommandations que les membres avaient pu faire lors du Spoilers café. N’hésite pas à compléter la liste en commentaires.
Toutes les nuances de la nuit de Chris Whitaker.
Mots-clés : Regret, personnages qui n’arrivent pas à avancer
Perdre la tête de Heather O’Neill
Mots-clés : Canada, 19e siècle, amitié obsessionnelle
Les Enfants de coeur de Heather O’Neill
Mots-clés : Amitié fille/garçon, orphelinat, enfance
Récitatif de Toni Morrison
Mots-clés : Nouvelle, racisme, amitié
Parlons de la prochaine lecture commune
Le thème de lecture pour les mois de mai et juin est Frontières invisibles. Il est question de récits qui se concentrent sur des rencontres éphémères et la transformation du protagoniste.
Le thème de la lecture commune est quant à lui L’été où je t’ai rencontré.
L’idée est de parler de rencontres qui ne sont pas faites pour durer. Par exemple, il peut s’agir d’une personne en vacances qui rencontre quelqu’un qui va changer le cours de sa vie.
Les mots-clés pour nous aider à trouver une lecture commune sont : rencontres éphémères, curiosité, aventure, fuite
Propose des romans en commentaires
À bientôt 🐧
Deborah
Daily debby lit des livres, c’est ton shot de recommandations littéraires pour parler bouquins et corner tes pages.
C’est aussi le QG de D spoils club, un club de lecture en ligne où tu participes, commentes, recommandes des livres. Bref, tu fais vivre le club (sinon, ça s’appelle juste une newsletter, et c’est moins drôle).











